Contexte

Le Burkina Faso est un pays sahélien qui couvre une superficie de 274 000 Km². Sa population est actuellement estimée à environ 19 millions d’habitants selon l’Institut National de la Statistique et de la Démographie. Le pays dispose d’un potentiel humain considérable dont la capacité productive est limitée entre autres par :

  • l’inadéquation de son système éducatif aux réels besoins de son économie et aux spécificités socio-culturelles ;
  • l’inefficacité de ses politiques en matière d’agriculture et d’élevage.

La croissance de son économie est dramatiquement contrainte par l’insuffisance des capacités techniques et financières dans tous les corps de métiers.

Au Burkina Faso, l’élevage et l’agriculture, emploient plus de 80% de la population active et génèrent 80% des recettes d’exportation. Ils contribuent pour 40% à la formation du PIB. L’élevage est la 2ème source de recettes d’exportation après le coton et contribue pour plus de 18% à la formation du PIB. Malgré cet énorme potentiel, les performances du secteur restent encore modestes. Il convient de s’interroger sur les causes qui entravent son épanouissement. Par ailleurs, 92% des dépenses publiques attribuées au secteur primaire sont allouées au Ministère de l’Agriculture, de l’Hydraulique et des Ressources Halieutiques ; le sous-secteur de l’élevage ne reçoit qu’une part marginale de la dépense publique pour le secteur, environ 5% en 2006. Ceci contraste avec le fait que l’élevage constitue la troisième source de devises extérieures après l’or et le coton. (Argumentaire en faveur de systèmes d’éducation et de formation plus appropriés aux modes de vie et intérêts des populations pastorales nomades, ADEA 2012).

Pays sahélien, il est caractérisé par la rareté des ressources naturelles. Par conséquent, l’élevage extensif est le trait dominant du mode de production animal. En quête de pâturage et de ressources en eau, les éleveurs parcourent des dizaines, voire des centaines de kilomètres à l’intérieur du pays. Nombre d’entre eux franchissent les frontières pratiquant ainsi une transhumance transfrontalière au cours de laquelle ils sont en proie à de multiples problèmes mettant parfois en péril la coexistence pacifique intercommunautaire.

En dépit de nombreuses initiatives entreprises par divers acteurs (pouvoirs publics, organisations faitières d’éleveurs, partenaires au développement, institutions sous régionales, etc.) pour minimiser les contraintes liées aux populations pastorales, des doutes subsistent encore quant à l’efficacité des solutions proposées. Toutefois, les différents acteurs sont quasi-unanimes que l’éducation/formation est le principal levier sur lequel il faut agir pour parvenir à une transhumance apaisée et rentable au profit de tous.